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Journal de bord : Déjà une semaine au large.

Eh oui, déjà 1 semaine que j’ai quitté Dakar et je n’ai pas vu le temps passer.


Message de Stéphane Nédelec

"Les 2 premiers jours ont été assez compliqués pour moi, l’acclimatation à ce nouvel environnement (l’océan, le vrai, pas celui de nos côtes françaises, celui qui bouge vraiment) ne s’est pas faite instantanément ... J’avais le mal de mer et étais complètement apathique, vidé de toute énergie, sans pouvoir rien y faire ... Je subissais ...

A ça, se rajoutaient d’importantes courbatures, effectivement on a pas l’habitude de vivre courbé ou assis toute la journée ...

La mer est forte, voire très forte, il y a une grosse houle (creux de 4 à 5 mètres parfois), au point de me réveiller la nuit, parfois avec fracas. Il faut s’imaginer que ça remue tout le temps, les vagues arrivent de partout (je suis balloté dans tous les sens), il n’y a pas un instant où je ne fais pas un effort physique pour m’équilibrer sur mon bateau, c’est une sacrée séance de gainage :-), mais c’est usant !

Petit à petit, j’arrive à surpasser ces désagréments et à m’adapter à ces nouvelles conditions de vie pour moi.

Mercredi je me sens beaucoup mieux, j’arrive à réparer ma gazinière dont je ne pouvais pas me servir correctement jusque-là, c’est quand même beaucoup mieux pour se préparer à manger.

J’alterne entre plats lyophilisés et plats à réchauffer, j’essaie de varier les goûts.

La mer est toujours très forte, d’ailleurs je casse un aviron par manque d’attention sur une vague récalcitrante. Heureusement, je suis parti avec 3 paires de rames, il m’en reste donc suffisamment, mais il faut que je sois plus vigilant à l’avenir.

Je constate des lenteurs dans mes communications satellites avec la terre ferme (mon routeur et ma famille) qui ne reçoit pas toujours mes messages ...

Je comprends que je suis parti un peu trop au Sud, je vais donc devoir rectifier mon cap progressivement.

Je suis en forme, j’ai le moral, je commence à trouver mon rythme à bord, j’arrive à ramer 4 à 5 heures par jour, et je compte bien augmenter la cadence dans les prochains jours. Je n’ose pas encore ramer de nuit car les vagues sont fortes et je n’y vois rien, ce qui est assez angoissant.

Tous les soirs, j’ai un petit rituel très réconfortant. Avant de me coucher j’ouvre une petite boite d’allumettes dans laquelle se trouve un petit mot, une photo ou une friandise (je ne sais jamais ce que je vais trouver). Ce coffret surprise (avec plus d’une soixante de petite boîtes - 1 par jour) a été préparé par ma famille et ça me fait un bien fou de les savoir avec moi tous les jours, ne serait-ce que par cette petite attention.

J’ai la chance de voir des dauphins et une baleine à, à peine, 5 mètres de mon bateau, tellement près, que j’ai peur qu’elle me fasse chavirer...

J’aperçois également de loin 2 cargos. Je ne suis donc pas tout seul !

Dès vendredi, je commence à avoir des problèmes de vitesse et de trajectoire, je mets un peu de temps à comprendre ... Grâce à Dominique mon routeur, je m’aperçois que j’ai un souci avec mon safran.

Mon trainard s’est enroulé autour de mon safran ayant pour conséquence de me ralentir fortement et de ne pas me permettre de suivre un cap déterminé.

Ce matin, dimanche, c’est décidé, il faut que je me mette à l’eau pour aller voir sous le bateau ce qui se passe. Heureusement la mer s’est un peu calmée, je peux donc plonger.

Je démêle le bout enroulé autour du safran, mais celui-ci a été endommagé, c’est la galère, je tente une réparation de fortune, ce n’est pas idéal, je vais probablement continué à être gêné sur ma trajectoire mais je peux continuer à avancer.

Ce soir, j’ai fait ma première lessive à bord ! Ça s’est bien passé.

Je constate que depuis quelques heures j’ai un compagnon de route, un requin roussette d’environ 1 mètre, qui semble déterminé à m’accompagner encore un peu.Je ne suis pas hyper rassuré et espère que je n’aurai pas besoin de replonger tout de suite sous le bateau ...

Comme vous l’avez certainement compris, je vais bien, je suis en forme et j’ai le moral.

Ce que je vis est tout simplement incroyable, extraordinaire, j’aurais des tas de choses à vous raconter à mon retour.

Anne-So m’a transmis vos messages.

Merci pour vos encouragements, ça fait chaud au cœur de se savoir soutenu

Stéphane"